Extraits des commentaires de Sigourney Weaver enregistrés lors de l'émission télévisée "Inside the Actors Studio"

 

James Lipton : Je vais conclure avec ce que je pense être une de vos performances les plus marquantes et c'est la vengeance de la victime torturée dans " La jeune fille et la mort ". C'est un autre film que vous aviez refusé à l'origine, n'est-ce pas ? Pourquoi ?
Sigourney Weaver : Je n'avais aucune envie d'aller en France pendant quatre mois. Ma fille était petite, et elle commençait à école, et je pense aussi que j' avais peur parce que je pensais-" Qu'est-ce que je sais de ce que cette femme a enduré, dans le sens qu'on l'a mise en prison et qu'elle y a été molestée et torturée ? ". Donc c'était un grand voyage, et je pense qu'à l'origine quand Il est venu vers moi, je n'étais pas prête.
James Lipton :- Il ?
Sigourney Weaver : Roman Polanski - un grand réalisateur. Mais la deuxième fois, parce que mon mari a dit " OH, il faut que tu fasses ça ."- et donc j' ai décidé que je devais le faire.
James Lipton :- Comment était votre expérience avec Roman Polanski, le réalisateur ?
Sigourney Weaver :- Ce qui était extraordinaire avec lui, c'est qu'il a vraiment le courage de ne pas - il ne fait pas de story board ou des choses comme ça. Il veut voir ce que les acteurs font chaque matin - et nous avons travaillé sur cette longue nuit entre les trois personnages. Il voulait voir ce qu'on produisait durant les répétitions et ensuite il planifiait les prises sur base de ce qu'on avait fait.
James Lipton :- Comment avez-vous approché le rôle de Paulina ?
Sigourney Weaver :- Roman a dit, sans véritablement le dire - " Je n'ai pas le temps de travailler avec toi sur le rôle - alors il a dit - je connais ce type génial - j'ai travaillé avec lui - Jack Waltzer. Il va travailler avec toi, cela va t'aider pour le rôle " - et donc pendant que nous faisions le film, j'ai commencé à travailler avec Jack, qui - .
James Lipton :- À Paris ?
Sigourney Weaver :- À Paris. Nous avons - c'est dur à résumer comme ça, le genre de travail qu'il fait. Mais en gros, ayant travaillé avec trois grand - Sandy Meisner, Lee Strasberg, et Stella Adler - en gros il travaille avec vous pour trouver l'essence de ce dont le personnage va faire l'expérience, dans chaque scène, ou dans sa globalité - pour trouver une essence à l'intérieur de vous ce qui est comme le noyau de ça, et c'est une manière très puissante de travailler. C'est très viscéral. Vous restez complètement en dehors de votre tête. Et tout ce que vous faites - par exemple - vous déterminez ce que sont vos actions, mais vous le faites en les expérimentant physiquement, avant de les traduire en mots. En fait, ma théorie à propos du jeu d'acteur - une des choses géniales à propos du jeu d’acteur, ce sur quoi tous les acteurs peuvent compter, peu importe où vous êtes dans vos études, c'est que le corps ne sais jamais que vous êtes en train de jouer. Si vous gardez votre corps souple - ça c’est pas de Jack - c'est de moi en fait, mais donc vous gardez votre corps vraiment souple - ça quand vous jouez une scène, spécialement pour la première ou la seconde fois, votre corps ne sait pas qu'il joue - s'il y a des choses physiques qui se passent - s'il y a quoi que ce soit que vous entendez, ou " . . que vous voyez ou que vous sentez ou goûtez - quoi que ce soit - votre corps pense que c'est la réalité - pense que c'est la vie et vous pouvez absolument lui faire confiance pour vous amener dans la bonne direction. Je crois que beaucoup de ce que je travaillais avec Jack m'amenait au point que je ne pouvais absolument pas savoir ce qui allait se passer, tout en étant totalement préparée, d'une façon très spécifique, avec ce personnage - avec tout ce que j' avais besoin de savoir à propos de ce personnage, donc quoi que Roman me demandait, je pouvais le faire. J'ai fais beaucoup d'erreurs en travaillant sur ce film, car c'était la première fois que j'essayais ça - mais c'était des erreurs dont je pouvais tirer des leçons.
James Lipton :- ( au public) S'il vous plait, joignez-vous à moi pour remercier notre " parfaite heroïne contemporaine ". Merci Sigourney.

 

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